De la sortie 115 jusqu’au Quatre-Fourches
Commençons par un aperçu tiré du Plan d’urbanisme de la Ville
Section 1 : Expérience champêtre
Section 2 : Expérience de la transition du rural vers l’urbain


Située entre la sortie 115 et la voie ferrée, hors du périmètre d’urbanisation et sans services municipaux.
L’objectif principal est de préserver le caractère rural de cette entrée de ville.
Le développement doit être résidentiel à faible densité à l’arrière, avec des activités touristiques, agrotouristiques et artisanales en bordure de la rue.
Les vues vers le Mont Orford doivent être protégées et guider l’implantation des constructions.

Située entre la voie ferrée et l’intersection avec la rue Roy et le chemin Southière, cette section est desservie (aqueduc & égout) en partie.
L’expérience restera champêtre, même dans les zones desservies.
Cette transition marque le passage d’une atmosphère plutôt champêtre à un milieu plus urbain. Préserver cette frontière afin de maintenir une cohabitation harmonieuse entre les paysages bâtis représentatifs de la Ville.
Prévoir la densification résidentielle uniquement en retrait de la rue.
En bordure de rue, des activités axées vers le tourisme, l’agrotourisme et l’artisanale seront favorisées.
Vise principalement à répondre aux besoins quotidiens des résidents et des personnes de passage, en privilégiant une offre axée sur le mieux-vivre local, sans chercher à attirer une clientèle régionale plus large.
Ce secteur a fait régulièrement l'objet d'actualités dans le journal local notamment en raison de débats sur la hauteur maximale des bâtiments, de projets immobiliers ou commerciaux, et de son histoire au carrefour de la route 112 et des rues avoisinantes.
Les orientations tirées du Plan d’urbanisme 2025, témoignent d’une volonté d’intégrer harmonieusement les paysages champêtres au parcours expérientiel de la route 112, véritable porte d’entrée emblématique de la ville.
Pourquoi ne pas miser davantage sur les tables champêtres, la vente de produits agricoles, l’hébergement à la ferme et les autres activités qui contribuent déjà à la vocation rurale et champêtre de certains secteurs?
Plusieurs établissements présents sur le territoire ont développé cette vocation au fil des années, dans le cadre des règlements qui étaient alors en vigueur. Ils témoignent d’une certaine vision du territoire, où les activités agricoles, l’accueil, la gastronomie et le paysage champêtre pouvaient se côtoyer et se compléter.
Plutôt que de considérer ces établissements de façon isolée, pourrait-on favoriser une plus grande synergie entre ceux qui sont déjà présents et reconnaître leur complémentarité comme un atout pour le territoire?
Comment pourrait-on faire évoluer une vocation déjà implantée tout en préservant les caractéristiques rurales et champêtres du secteur?
Bien que certaines constructions et interventions dans le secteur dont il est question ici soient temporairement interdites par le Règlement de contrôle intérimaire (RCI) adopté le 4 mai 2026 par la Ville, le texte qui suit décrit les règles qui étaient en vigueur avant l’adoption de ce règlement.
Il est donc rédigé au présent afin de faciliter la compréhension des règles qui pourraient éventuellement être réévaluées.
Les comparaisons « Avant » et « Après » présentées dans les différentes sections font référence aux règles applicables avant et après l’entrée en vigueur du nouveau cadre réglementaire découlant du Plan d’urbanisme, entré en vigueur en mars 2025.
Elles ne tiennent pas compte des mesures temporaires introduites par le RCI adopté en mai 2026.

Zones : C112-1 - H114-1 - H115 - H116 - H117 - H118
Cette portion de l’entrée de ville est située à l’extérieur du périmètre urbain et n’est donc pas desservie par les services municipaux d’aqueduc et d’égout.
La réglementation autorise généralement un seul bâtiment principal par terrain. Le projet d’ensemble constitue une exception à cette règle en permettant l’implantation de plusieurs bâtiments principaux sur un même lot. À l’intérieur du périmètre urbain, ce type de projet peut être autorisé dans toutes les zones. À l’extérieur du périmètre urbain, son autorisation est facultative et dépend des zones que la Ville a choisi d’identifier à cette fin.
À noter que l’hébergement commercial était auparavant autorisé dans la zone C112-1.
Le potentiel de développement actuel permettra-t-il de préserver le caractère rural de cette entrée de ville et son expérience champêtre, notamment par le maintien d’une faible densité résidentielle en retrait de la rue, l’intégration harmonieuse des bâtiments multifamiliaux, la présence d’activités touristiques, agrotouristiques et artisanales en bordure de la rue, ainsi que la préservation des vues vers le mont Orford?
Peut-être redonner aux façades leur rôle dans le paysage?
Les espaces de stationnement seraient aménagés prioritairement à l’arrière ou sur les côtés des bâtiments afin de limiter leur présence dans le paysage depuis la rue.
Les espaces situés entre la rue et les bâtiments pourraient ainsi être davantage consacrés à des aménagements paysagers, des espaces verts, des terrasses, des usages collectifs ou des lieux d’accueil, afin de créer des façades plus vivantes et plus accueillantes.
Peut-être éviter l’effet de « palissade » des longues façades?
Les longues façades continues et uniformes peuvent créer un effet de mur ou de « palissade » qui contraste avec le caractère ouvert des paysages ruraux et champêtres.
Des mesures d’intégration pourraient être envisagées afin de briser cette continuité. Par exemple, au-delà d’une certaine longueur de façade, à titre indicatif, 10 mètres, un retrait ou un décalage de la façade pourrait permettre de créer des variations dans l’implantation du bâtiment.
Peut-être varier les hauteurs?
Le même principe pourrait s’appliquer à la hauteur des constructions. Pour un bâtiment de trois étages, par exemple, certaines portions pourraient présenter une hauteur moindre ou être en retrait, plutôt que de maintenir une hauteur uniforme sur toute la longueur du bâtiment.
Dans ce cas, l’objectif serait ainsi de favoriser une architecture qui s’inscrit davantage dans le paysage, en créant des variations d’implantation, de volume et de hauteur plutôt qu’un front bâti continu et uniforme.
La densité nette indique combien de logements peuvent être construits sur un hectare de terrain constructible. Elle est exprimée en logements par hectare (logements/ha).
Un hectare correspond à 10 000 mètres carrés (m²), soit l’équivalent d’un carré de 100 mètres sur 100 mètres.
Elle est différente de la densité brute, qui tient compte de l’ensemble du territoire considéré, incluant notamment les rues, les trottoirs, les espaces publics, les parcs ainsi que les terrains destinés à des usages institutionnels ou commerciaux.
Utilisons un comparatif approximatif d'un hectare : soit le terrain municipal du Parc de l'est ou de l'Espace St-Luc.

Zones : H122 - H121 - H123 - H124 - H147 - P126 - H156 - H157
Cette portion de l’entrée de ville chevauche à la fois l’intérieur et l’extérieur du périmètre urbain.
Avant l’entrée en vigueur du plan d'urbanisme, la zone H122 autorisait les habitations unifamiliales ainsi que l’hébergement à la ferme et commerciale, avec une hauteur maximale de bâtiment fixée à 12 mètres.
La hauteur permise a été augmenté à 15 mètres ainsi que la possibilité d'inscrire des projets d'ensemble.
De son côté, la zone M125 autorisait l’hébergement commercial dans un complexe commercial ou de services comportant un maximum de 10 unités et une hauteur maximale de 12 mètres. Même si le découpage de cette zone différait légèrement de celui actuellement en vigueur, dans la nouvelle réglementation, le volet commercial associé à l’hébergement a été retiré. Cette disposition autorisait notamment l’aménagement, à même les bâtiments d’hébergement, d’usages tels que des épiceries fines, des restaurants, des bars, des bureaux, des services de santé et professionnels ainsi que certaines activités de vente au détail.
La hauteur permise a été augmenté à 15 mètres.
Finalement, la zone H124 était auparavant réservée à de l'habitation multilogement, avec des bâtiments comportant de 3 à 34 logements. Une condition prévoyait également un maximum de 7 bâtiments de 20 logements et plus pour l’ensemble de la zone.
Toujours à 15 mètres, cette dernière permet maintenant de l'unifamilial, des unités d'habitation accessoire (UHA), duplex, triplex et du multifamilial de 4 logements et plus.
On est passé d'un maximum de 6 unités à 12 par bâtiment multifamilial dans la zone H157, et d'un maximum 8 à 12 dans la zone H158.
La possibilité d'établissement hôtelier limité à 10 unités est demeurée dans la zone H158.
Le potentiel de développement actuel permettra-t-il une transition harmonieuse vers le milieu urbain, en préservant la qualité et le caractère rural du secteur et en favorisant une offre axée sur le mieux-vivre local, plutôt que sur l’attraction d’une clientèle régionale plus large?
L’augmentation de la hauteur maximale des bâtiments à 15 mètres soulève également une réflexion quant à leur intégration dans le paysage existant. Comment concilier cette possibilité de développement avec la volonté de préserver l’expérience champêtre de ce secteur en préservant le caractère paysager de cette entrée de ville?
Une densité (nette) minimale de 30 logements à l’hectare pourrait-elle se traduire, à terme, par un potentiel de plus de 300 logements dans la zone H124, considérant que celle-ci couvre au moins 10 hectares?
Si tel était le cas, comment cette densification pourrait-elle s’intégrer au secteur et à son environnement?
La densification entraîne généralement une augmentation des besoins en stationnement.
Même lorsque celui-ci est intégré aux bâtiments, l’espace consacré au stationnement demeure présent et peut réduire la superficie disponible pour les espaces verts.
Comment s’assurer que la densification permette réellement de maintenir ou d’augmenter les espaces verts?
Comment favoriser une densification qui s’intègre au cadre bâti et au paysage existants, sans nécessairement recourir à une augmentation des hauteurs?
Faudrait-il également encadrer la proportion d’espaces verts, de stationnement et de superficie bâtie sur les terrains?
Le secteur de l’entrée de ville est identifié, à la page 14, comme un milieu rural ou de villégiature, tandis que la page 25 le présente comme un secteur d’intérêt esthétique et visuel.
À partir de la sortie 115 jusqu’aux Quatre-Fourches, la plupart des constructions réalisées antérieurement sont implantées avec un retrait important par rapport à la rue, ce qui constitue une caractéristique typique des paysages ruraux. Ce mode d’implantation contribue au caractère champêtre du paysage et crée une perspective visuelle ouverte.
Le Plan d’urbanisme énonce ce principe à plusieurs reprises : les occupations résidentielles ne sont pas privilégiées en bordure de la route.
Le Plan d’urbanisme souligne également, à la page 24, l’importance du mont Orford comme repère visuel et précise que, dans certains endroits stratégiques, l’impact de la réglementation sur la préservation des vues doit être considéré.
Cette approche rejoint également les orientations paysagères du Plan d’urbanisme. À la page 25, celui-ci précise que « le caractère champêtre et panoramique de certains axes mérite d’être préservé », notamment celui de la rue Principale Ouest (route 112).
D’ailleurs, la suite du parcours, à partir des Quatre-Fourches jusqu’à la rue du Moulin, présente également un intérêt paysager.
Comme le souligne le Plan d’urbanisme (p. 74), « cette section, que longe en partie la voie ferrée, permet d’apprécier le marais de la Rivière-aux-Cerises et les premières trouées vers le lac Memphrémagog ». Elle s’inscrit ainsi dans une succession d’espaces naturels qui contribue au caractère paysager de ce parcours.
Le Plan d’urbanisme identifie, à la page 32, le secteur des Quatre-Fourches comme un secteur distinctif des autres secteurs commerciaux de la ville, où sont regroupés des commerces et des services de spécialité autour du thème du « mieux-vivre ».
Cette orientation soulève une réflexion sur la complémentarité des différents secteurs commerciaux de Magog.
Les secteurs de la rue Sherbrooke, du centre-ville et des Quatre-Fourches pourraient ainsi être considérés selon leurs caractéristiques et leurs vocations respectives, plutôt que dans une logique d’uniformisation et ou de concurrence de l’offre commerciale.
Les zones situées à l’intérieur du périmètre urbain, notamment les zones H124, M125, H157 et H158 du secteur des Quatre-Fourches, sont identifiées au Plan d’urbanisme (p. 93) comme faisant partie d’un pôle de densification urbaine.
Le Plan d’urbanisme (p. 64) établit pour ce secteur une densité minimale de 30 logements à l’hectare, qui figure parmi les deux niveaux de densité les plus élevés identifiés sur le territoire.
Le potentiel de densification de la zone urbaine d'un minimum 30 logements à l’hectare et des hauteurs de bâtiments désormais permises, jusqu’à 15 mètres, soulèvent également des questions quant à leurs effets possibles sur la circulation, dans un secteur où un goulot d’étranglement routier est déjà présent.
Un aménagement différent de l’intersection des Quatre-Fourches permettra-t-il de répondre aux enjeux de circulation déjà présents, tout en tenant compte des effets possibles du développement futur du secteur?
Comment cette densité minimale de 30 logements à l’hectare, parmi les deux plus élevées identifiées au Plan d’urbanisme, s’articule-t-elle avec les orientations visant à préserver le caractère rural, champêtre et panoramique du secteur ?
Dans quelle mesure le retrait de la rue actuellement prévu pour les constructions permet-il de préserver la particularité des paysages ruraux et l’ouverture visuelle recherchée pour ce secteur?
Comment le développement de l'entrée de ville peut-il s’inscrire dans cette succession d’espaces naturels, dans la continuité du parcours menant aux vues sur le marais de la Rivière-aux-Cerises et le lac Memphrémagog ?
Comment le développement des Quatre-Fourches peut-il permettre l’évolution de ce secteur tout en maintenant sa vocation axée sur le « mieux-vivre », son caractère champêtre et panoramique ainsi que les vues emblématiques vers le mont Orford?
À titre d’illustration, une densité de 30 logements à l’hectare peut représenter un potentiel important à l’échelle d’un terrain.
Par exemple, appliquée à une superficie équivalente à celle de l'espace de stationnement municipal Cabana (2,2 ha), cette densité pourrait correspondre à environ 60 logements.
Cette mise en perspective permet de mieux comprendre l’ampleur que peut représenter une densification de ce niveau dans le secteur et soulève des questions quant à son intégration au paysage, aux perspectives visuelles, à la circulation et au caractère champêtre de l’entrée de ville.
Réflexion citoyenne
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